« Au Nom du Corps » Caroline Gauthier

caroline-gauthier

OSER

Elle savait qu’aimer c’était risquer d’avoir le cœur brisé.
Que rire c’était risquer d’être perçue comme une illuminée.
Elle savait que pleurer c’était prendre le risque de paraître vulnérable.
Que se protéger c’était prendre le risque de paraître désagréable.
Elle savait que se reposer c’était prendre le risque d’être qualifiée de flemmarde.
Que réussir c’était prendre le risque d’être qualifiée de veinarde.
Elle savait qu’oser c’était prendre le risque d’échouer.
Que d’être heureuse c’était prendre le risque d’être jalousée !
Elle savait également qu’avoir des élans pour quelqu’un et les montrer, c’était risquer d’être rejetée et de montrer sa vulnérabilité.
Alors préférera-t-elle ne rien faire et se taire ?
Préférera-t-elle être sécure avec ses vieilles armures ?
Comment pourrait-elle découvrir quoi que ce soit si elle ne tentait pas d’abord l’impossible ?
Un soir elle lut un livre qui changea toute sa conception de la vie et la remit dans son élan de vie.
Voici ce qu’il y était dit :
« La vie est avant tout une aventure qu’il est essentiel de vivre pleinement pour en goûter tous ses instants.
C’est bien de la tenter et de se risquer…
C’est l’humain qui a inventé le concept sécurité avec sa volonté de tout garder et de tout protéger…
Il n’y a pas de sécurité dans la nature… où tout est une aventure.
Mais de tout cela l’être humain en a cure et ne se forge que des armures…
Tout meurt et tout renaît.
Au contact de la nature et des cycles du vivant, on apprend à tout lâcher sans trembler.
Éviter le danger, ne rend pas plus sécure, mais nous emmure.
Cela éloigne du vibrant et du mouvement dansant.
Rester dans sa zone de confort ne rend pas plus fort, mais lentement nous endort.
La sécurité développe des rigidités qui éloignent de la fluidité et de la créativité…  »
La dernière phrase qu’elle lut lui fit un choc
Elle la répéta en boucle dans sa tête, les soirs de tempête
« Apprenons à danser avec tous les instants…
Rentrons dans l’inspir et l’expir du mouvement permanent …
Soyons dans les pleins et les vides, les hauts et les bas.
N’ayons pas peur d’y poser nos prochains pas… Nous ne le regretterons pas »
Alors, elle, elle OSA !

Caroline Gauthier
Auteur du Roman « Au Nom du Corps »



Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre